L’information a été révélée par Sport Bild mardi 6 octobre, avant d’être relayée toute la journée par les médias allemands : en interne, le Borussia Dortmund ne chercherait pas, en l’état, à prolonger le partenariat qui le lie au groupe d’armement Rheinmetall jusqu’à l’été 2027. Rien n’est acté, mais la direction se dessine — et la décision appartient d’abord à un homme, Carsten Cramer, le nouveau président de la direction.
La ligne Cramer : la cohésion avant tout
Sa promotion a été officialisée lundi 28 septembre, avec un contrat qui court jusqu’en 2031. Depuis, Carsten Cramer martèle un thème : la cohésion, à l’intérieur comme à l’extérieur du club. Selon RUHR24, une nouvelle entente avec Rheinmetall irait exactement à l’opposé — elle creuserait la distance avec une partie des supporters. fussballdaten.de souligne d’ailleurs que la relation entre le club et sa base pèserait dans ces réflexions au moins autant que les conditions financières. Le dossier relèverait donc moins d’une équation budgétaire que d’un choix de cohésion.
Un sponsor qui divise depuis mai 2024
L’arrivée de Rheinmetall, en mai 2024, a provoqué des remous immédiats. La rémunération dépend des résultats sportifs : jusqu’à 10 M€ par an au mieux, selon Sport Bild. Une partie de la base n’a jamais accepté qu’un fabricant d’armes entre au portefeuille de sponsors du club. Dès août 2024, face à l’Eintracht Francfort, le Signal Iduna Park s’est mué en tribune de protestation : les banderoles se sont multipliées, et l’une d’elles résumait l’état d’esprit — « Kohle first, Werte second », « l’argent d’abord, les valeurs ensuite ». En novembre 2024, 65 % des 855 votants d’une assemblée générale se sont prononcés pour une fin de la collaboration « aussi rapide que possible ». Un vote sans caractère contraignant, mais politiquement lourd.
Rheinmetall veut poursuivre
En face, le groupe basé à Düsseldorf ne cache pas sa satisfaction. « Nous sommes satisfaits du partenariat et le considérons comme un succès », a-t-il déclaré à Sport Bild, en mettant en avant des retombées au-delà du sponsoring — un fanclub officiel, des camps de football pour des enfants ukrainiens. Sur l’après-2027, l’entreprise entrouvre la porte : « nous déciderons ensemble avec le BVB d’une éventuelle prolongation au-delà de 2027 et de l’ampleur possible de notre futur engagement ».
Jusqu’à 10 millions d’euros par an en jeu
Séparer les chemins aurait un coût : le partenariat peut rapporter jusqu’à 10 M€ par an au BVB. Un montant loin d’être anodin pour un club qui a clôturé l’exercice 2025/26 sur une perte nette de 21,7 M€. Mais l’argument financier n’est qu’un versant du dossier : pour la direction, la question est aussi de savoir si le club veut continuer à porter un partenaire qui divise sa propre base depuis plus de deux ans.
Et maintenant ?
Rien n’est officialisé et aucun calendrier n’est connu : le contrat court jusqu’à l’été 2027, et une éventuelle décision pourrait n’intervenir que dans les prochains mois. Si la tendance se confirmait, elle constituerait pour les supporters mobilisés depuis 2024 une victoire tardive — et pour Carsten Cramer la première grande décision de son mandat.
