Niko Kovac n’a pas attendu le lendemain. À peine Marcel Sabitzer avait-il posé son coup franc de 26,2 mètres dans la lucarne gauche (90e+3) que l’entraîneur reprenait son groupe. Selon Bild, relayé par Fussballtransfers le jeudi 29 octobre, la causerie tactique a commencé dans le vestiaire, « überaus kritisch und harsch » : très critique, sans ménagement. Un tel relâchement ne doit « keinesfalls wieder vorkommen ». Kovac s’est ensuite dit « diesbezüglich total unzufrieden ». Le récit de la soirée est ici.
« Pas complètement euphorique »
Les dirigeants étaient dans la pièce, dont Lars Ricken, directeur du sport, et Ole Book. Ricken a confirmé l’atmosphère : « In der Kabine war es nicht komplett euphorisch. » Puis il a projeté samedi : « Mit so einer zweiten Halbzeit wird es schwierig, das sollten wir uns in München nicht erlauben. » Autrement dit : avec une seconde période comme celle de mardi, le déplacement chez le Bayern ne pardonne pas.
Schlotterbeck et Anton haussent le ton
Nico Schlotterbeck a daté le basculement : le penalty de Niclas Füllkrug (65e) a fait vaciller son équipe, devenue « sehr unsauber », très imprécise, entre longs ballons et seconds ballons perdus. Brême est revenu « verdient », méritoirement, et le match est devenu un fifty-fifty. Waldemar Anton a complété le diagnostic : « Wir verlieren unsere Struktur », la structure se perd, les mètres décisifs ne sont plus faits, les duels importants échappent. Pour lui, chacun doit se regarder dans le miroir et corriger cela dès les prochains matches.
Le même scénario qu’en octobre
Mardi, Serhou Guirassy (6e) et Carney Chukwuemeka (17e) avaient mis Dortmund sur orbite avant le doublé de Füllkrug (65e sur penalty, 68e). Le 9 octobre, en Bundesliga, le scénario avait été identique : 2-0, puis 2-2, avec l’égalisation du même Füllkrug à la 90e+2, comme nous le racontions dans notre compte rendu. Cette fois, Sabitzer a sauvé le résultat. La répétition dit quelque chose : ce n’est pas un accident isolé.
Deux chiffres, un contraste
Les statistiques du club disent deux choses. Dortmund a encaissé quatre buts en sept journées et signé cinq matches sans prendre de but, la meilleure défense du championnat. Il a aussi marqué neuf de ses douze buts après la pause, dont six à partir de la 80e minute. Cette équipe sait finir les matches ; elle peut aussi les perdre en vingt minutes. À Munich, l’adversaire est le Bayern, 25 buts en sept matches, dont 18 lors de ses trois premières réceptions. Les deux équipes ont 17 points, Munich devant à la différence de buts (25-6 contre 12-4).
L’argument des onze
Kovac a déjà posé le cadre pour samedi 31 octobre, 18h30, à l’Allianz Arena. Sur Harry Kane, il a écarté l’idée d’un duel : « Wir werden es nicht im Eins-gegen-Eins schaffen. » Puis : « Es braucht elf Spieler. » Il faut onze joueurs. C’est exactement ce qui a manqué après l’heure de jeu mardi, quand les lignes se sont espacées et que le Werder est passé dans l’axe.
