Le Borussia Dortmund reçoit le SC Paderborn 07 ce samedi 12 septembre (15h30, Signal Iduna Park) pour la 3e journée de Bundesliga, et Niko Kovac doit reconstruire une animation offensive. Konstantinos Karetsas, évacué sur civière mardi 8 septembre contre Villarreal (3-2) après un malaise circulatoire, est forfait ; Giannis Konstantelias l’est depuis sa rupture des ligaments croisés du genou gauche, contractée le 29 août contre Hambourg (2-0). Dans ce vide, un nom s’impose déjà : Ethan Nwaneri, 19 ans, prêté par Arsenal.
Deux entrées en jeu, deux preuves
L’Anglais n’a pas encore connu la moindre titularisation sous le maillot jaune et noir. Il a pourtant déjà pesé sur deux rencontres. À Hoffenheim, le 5 septembre, il entre alors que Dortmund est mené 2-0 et devient l’artisan du but de la victoire : son centre en retrait, à la 86e minute, est détourné dans son propre but par le défenseur suisse Albian Hajdari (3-2).
Trois jours plus tard, en Ligue des champions, la soirée est plus étrange encore. Appelé à remplacer Karetsas dès la 27e minute, il connaît ses premières minutes européennes, touche le poteau sur une frappe et arme six tirs — le meilleur total dortmundois à égalité — avant d’être lui-même remplacé à la 82e par Carney Chukwuemeka. Kovac a immédiatement écarté toute lecture négative de cette double sortie : « Il a tout donné. S’il avait débuté, il serait probablement sorti vers la 60e minute. » Et d’ajouter que cela n’avait « rien à voir » avec sa performance : « Bien au contraire, il a été vraiment bon. C’était formidable qu’il puisse avoir un impact sur l’équipe en si peu de temps. »
« Il s’est très bien intégré »
Le ton a encore monté jeudi 10 septembre, en conférence de presse. Alors qu’il annonçait les retours de Nico Schlotterbeck et Ramy Bensebaini, Kovac a réservé un paragraphe entier au joueur prêté par Arsenal : « Il s’est très bien intégré. C’est quelqu’un de très calme, terre à terre, aimable et serviable, et un très bon footballeur. Sur ses deux courtes apparitions, il a montré qu’il pouvait nous aider. » Un satisfecit rare pour un joueur arrivé à peine dix jours plus tôt, et qui tranche avec la longue liste des absents : Emre Can et Konstantelias (ligaments croisés), Filippo Mané (cuisse), Samuele Inácio (suspension) et donc Karetsas, dont Kovac espère simplement le retour « dans un avenir proche ».
Un poste de meneur à pourvoir
Sans Karetsas, le Dortmundois qui occupait le rôle de meneur derrière les attaquants, le poste reste ouvert. La presse allemande cite trois candidats — Nwaneri, Maximilian Beier et Marcel Sabitzer — et juge une titularisation de l’Anglais la plus probable, son pied gauche offrant un profil que l’effectif n’a plus depuis la blessure du Grec. Kovac n’a pas écarté l’idée d’une double attaque Serhou Guirassy – Fabio Silva, associée qui a fait basculer plusieurs matchs cet été, mais l’absence d’un vrai numéro 10 plaide contre. Aucune composition officielle n’était connue à l’heure où nous écrivons : celle publiée par notre pronostic du match reste une projection, comme le onze avancé par RUHR24 (Kobel – Gadou, Anton, Schlotterbeck – Ryerson, Nmecha, Veerman, Svensson – Nwaneri, Beier – Guirassy), qui intègre l’Anglais d’entrée.
Un prêt sec pour combler le vide
L’arrivée de Nwaneri, officialisée le 1er septembre, dernier jour du mercato, s’inscrivait exactement dans ce scénario. Dortmund a obtenu un prêt d’une saison, sans option d’achat, en réaction à la rupture des ligaments croisés de Konstantelias. Selon Sky, le volume total du dossier — indemnité de prêt et prise en charge intégrale du salaire — est estimé à environ 5 M€. Une formule à moindre risque pour un joueur de 19 ans formé à Hale End, dont le temps de jeu est resté limité à Arsenal et dont le prêt à Marseille, lors de la seconde partie de la saison dernière, a surtout servi à accumuler des minutes. Le dossier complet du transfert revient sur les termes de l’accord.
Reste à savoir ce que Kovac en fera dès ce samedi. Le BVB, qui a lancé sa saison par deux victoires en Bundesliga, accueille un promu encore muet en championnat avec l’occasion de rester au contact de la tête avant son déplacement à Stuttgart. Dans un entrejeu privé de ses deux créateurs grecs, la réponse à l’absence de Karetsas pourrait bien s’appeler Nwaneri — un joueur qui n’a pas encore commencé un match, mais qui a déjà décidé un résultat.
