Le Borussia Dortmund a laissé filer un 2-0 face au Werder Brême (2-2), vendredi soir. Le débat sur l’arbitrage a déjà été documenté ; mais les critiques de fond portent sur la manière — ces huit minutes qui ont tout changé. Le film du match est à relire ici.
Un « retour en arrière »
Sur Sky, relayé par SPORT1, l’ancien international Didi Hamann n’a pas mâché ses mots, au lendemain du nul : « Das war gestern ein Rückfall in alte Zeiten » — « c’était, hier, un retour en arrière ». Selon lui, Dortmund a « vraiment offert » deux points — le but tardif de Brême ne l’a « pas étonné ».
Il pointe une scène, peu avant la réduction du score de Ludovit Reis (88e) : « Schlotterbeck joue le ballon dans l’axe, Veerman parie sur une passe. Là, tu dois te dire : "Attention, il reste deux minutes, tout le monde s’y met, on doit absolument tenir ce résultat." » Deux joueurs dans le viseur, pour un grief récurrent : la gestion des fins de match.
« La question de la mentalité est réglée »
Car Hamann ne résume pas la soirée à un effondrement. Il défend Kovac : « Depuis qu’il est là, tu ne peux pas leur reprocher de mauvaises décisions — c’est pour ça qu’ils étaient si proches du Bayern. La question de la mentalité est réglée. » Et pour l’homme : « J’ai vu ça et j’ai pensé : il rentre chez lui et il hurle dans son lit — pas seulement la nuit dernière, mais tout le week-end. » Le souci, ce sont ces fins de match — un travers déjà vu la saison passée (six matches de Bundesliga, selon SPORT1).
À Dortmund, personne ne se cache
Dans le camp noir et jaune, même constat. « Nous avons acculé l’adversaire pendant 88 minutes, mais nous n’avons pas su jouer les huit dernières comme il faut. C’est ce que nous devons nous reprocher », a reconnu Niko Kovac : « Nous tirerons, je l’espère, les leçons de ces huit minutes. » Lars Ricken, le directeur du sport, a évoqué une « pure déception », le scénario lui rappelant le 3-2 concédé contre Brême en 2022, après un 2-0.
Waldemar Anton précise : « Après le 2-0, nous avons cessé de suivre notre plan et nous n’avons plus bien défendu. Le nul n’aurait pas dû arriver, car nous avions le match sous contrôle. » Chez Nico Schlotterbeck : « Nous avions tout en main jusqu’à la 88e minute. » Les Ruhr Nachrichten évoquent un « blackout collectif » et un Weckruf ; la FAZ retient « quatre minutes qui pourraient hanter le BVB longtemps ».
Huit matches en quatre semaines
Avec 13 points sur 15, le Borussia a cédé dimanche la première place : Fribourg, vainqueur de Schalke (2-1), est passé devant à la différence de buts (+10 contre +7), quand le Bayern a été tenu en échec à Augsbourg (2-2, 11 points). Et le calendrier n’attend pas : huit matches en quatre semaines, dont trois voyages — Bodø/Glimt mercredi (21h00) en Ligue des champions, l’Union Berlin samedi (15h30), puis Sabah Bakou mardi (18h45). La réponse est attendue dès mercredi, au cercle polaire.
