« Dortmunder Jungs » — des gars de Dortmund. Le Borussia en a fait le nom de son plan : une première équipe, un jour, composée de joueurs formés au club. Paul Schaffran, directeur du centre de formation, l’a détaillé dans un podcast des Ruhr Nachrichten, relayé cette semaine par RUHR24 et 90min.
« La première équipe doit, un jour, être composée de Dortmunder Jungs »
« Nous voulons faire monter le plus de joueurs possible », explique Schaffran. « La première équipe doit, un jour, être composée de Dortmunder Jungs. » Une formule volontairement poussée au maximum : aucune promesse d’équipe 100 % maison. « S’il y en a quatre à la fin, et que trois autres jouent à Manchester City ou au Real Madrid parce que nous les avons vendus pour 100 millions plus tôt, je ne serai pas triste non plus », ajoute-t-il. Les recrues extérieures doivent devenir le complément — jamais la norme.
« En fait, nous voulons un jour ne plus du tout dépendre du recrutement de joueurs comme Samuele Inácio et Mathis Albert, parce que nous les aurons formés dans nos propres rangs. » Même logique chez les professionnels : ne plus aller chercher ce que le club aura fait monter de l’intérieur. L’idée exige une liaison renforcée entre centre et pros, et doit influencer toute l’activité de transferts.
Le modèle de la Masia, un horizon de cinq à quinze ans
Le modèle ? Barcelone. La Masia fournit au Barça Lamine Yamal (220 millions d’euros selon Transfermarkt), Pau Cubarsí ou Fermín López. Longtemps, Dortmund a fait l’inverse : environ 30 millions d’euros pour un Anglais de 17 ans, revendu plus de 100 millions au Real Madrid trois ans plus tard. L’idée : que ce profil sorte de sa propre filière.
Un cap fixé il y a un an, précisé cette semaine : être, dans cinq à quinze ans, l’une des meilleures fabriques de talents d’Europe. Le chantier a commencé — formation alignée sur la Ligue des champions, U23 mieux intégrée, prêts mieux suivis. La passerelle tourne, par intermittence : cette saison, Samuele Inácio (18 ans) a signé un doublé en Coupe, et Mathis Albert (17 ans) y a fêté sa première titularisation, avant de devenir le plus jeune buteur de l’histoire des États-Unis.
L’équilibre de Kovac : gagner, même « sale »
Le présent est concret, lui aussi : après quatre journées, Dortmund est leader de la Bundesliga avec douze points sur douze, deux points devant le Bayern. « Nous voulons évidemment pratiquer un football attractif et offensif, a rappelé Lars Ricken au kicker, relayé lundi par Fussballtransfers. Mais nous n’abandonnerons pas notre grande force, la défense, simplement parce que nous avons le sentiment qu’une défense à quatre nous aiderait ponctuellement davantage dans les actions offensives. »
Ricken assume les victoires sans éclat : « Sur plus de 50 matches par saison, les victoires sales sont aussi importantes — et elles rapportent autant de points. » Il reconnaît un « lien émotionnel, ici à Dortmund, avec le jeu offensif » ; le classement lui donne raison. Neuf buts marqués, deux encaissés : le bloc de Niko Kovac tient — et c’est dans ce cadre que les « Dortmunder Jungs » devront se faire une place.
